60 ans de la 4L

Renault 4 Sinpar 4x4 - En route pour le Dakar !

En 1969, les frères Claude (pilote) et Bernard (copilote) Marreau souhaitent établir un record entre Le Cap et Alger (record établi en 1971 en Renault 12 Gordini) et entreprennent un voyage de reconnaissance dans le Sahara à bord d’une Renault 4. Quelques années plus tard, c’est à bord d'une Renault 4 qu’ils se retrouvent au départ d’un rallye d’un type nouveau, une course de plusieurs milliers de kilomètres entre Paris et Dakar. Ils se hisseront à la 3e place en 1980 grâce à leur Renault 4 boostée par un moteur de Renault 5 Alpine GR2 et équipée d’un réservoir de 140 litres. Le Rallye Paris Dakar devient une légende, les frères Marreau, des héros, et l’astucieuse 4L, le symbole d’un rallye où les amateurs peuvent encore battre les équipages officiels.

Publié le 31.12.2021

Quand Thierry Sabine dévoile son projet de Paris-Dakar en 1978, les frères Marreau sont les premiers à s'inscrire. Il leur faudra 700 heures pour modifier la 4L qu'ils ont choisie pour cette nouvelle course. Mais les frais d'inscription s'élèvent à 8 000 francs, réduits de 40% après négociation avec Sabine, ce qui laisse finalement - mais seulement - 1 000 francs au budget de fonctionnement.

Sur les pistes africaines, face aux imposants Toyota, Range Rover et autre Volkswagen Iltis bien plus puissants, la R4 a d'autres atouts : ses occupants connaissent parfaitement le terrain. Chaque jour, leurs concurrents les voient sortir de pistes dont ils ignorent l'existence. Ayant une garde au sol moins efficace que les autres, les Marreau sortent des chemins sableux pour rouler dans la brousse. Rapidement, les deux frères sont surnommés les « Renards du désert ». À l'arrivée, la 4L se classe cinquième du scratch auto-moto, deuxième des quatre-roues et Renault colle un auto-collant sur leur voiture pour officialiser le partenariat.

Pour le Paris-Dakar 1980, 200 pilotes sont au départ et les Marreau retravaillent leur 4L avec un moteur R5 Alpine et l'appui de la Régie Renault. Lors de la seconde semaine, ils laissent tomber leur chrono pour venir en aide à un motard inconscient puis, le lendemain, ils subissent sept crevaisons dans la même course. Les Renards du désert terminent tout de même 3e du classement général. Gagner cette course devient leur objectif, et ils s'y affairent toute l'année 1980.

Avec le financement de Renault-Elf-Uniroyal, les Marreau mettent une R20 à motorisation R18 turbo en chantier au garage de Nanterre : le train arrière provient d'un Trafic et la ligne d'échappement est installée sur le toit. À l'approche de Tombouctou, le duo est leader avec plus de deux heures d'avance. Mais la voiture s'abîme dans un trou, la pompe à huile cède et les frères abandonnent.

Pour l'édition 1982, les Marreau fabriquent deux prototypes identiques, dont un pour l'assistance confié à un autre binôme. La R20 Turbo est citée parmi les prétendants à la victoire. Dans le froid hiver algérien lors de la sixième étape, ils prennent définitivement la tête. Profitant des erreurs adverses, réussissant à continuer malgré l'éloignement de leur camion d'assistance et à réparer eux-mêmes leurs casses, ils s'imposent avec 1h19 d'avance. Leur Renault 20 turbo 4×4 était équipée d'un bloc 1,6 litre de 133 ch.

 

Texte : Stefan Fritschi et Renault
Photos : Stefan Fritschi

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